Printemps pluvieux au potager, que faire quand il pleut ?

En ce printemps 2021, si nous attendions la canicule, nous avons plutôt la météo d’un mois d’Octobre, avec des précipitations hors du commun pour cette saison… Alors, que faire quand il pleut des cordes au potager ?

Voir le verre à moitié plein : Les avantages d’un temps humide au printemps et à l’été

Certes, on préférerait en ce mois de juin ou de juillet savourer une boisson fraîche en regardant ses tomates rougir au soleil. Mais jusqu’à présent, la météo reste un des paramètres qu’on ne peut pas maîtriser et si la pluie a décidé de tomber sans cesse pendant des semaines, mieux vaut savoir prendre son mal en patience et relativiser…

Mais on peut également se réjouir des quelques bons côtés qu’apporte un temps humide ! Le premier avantage est qu’on n’a pas besoin d’arroser, et que les nappes phréatiques et les étangs vont pouvoir se recharger. Après plusieurs étés très secs et caniculaires, il faut savoir apprécier quand la nature compense et qu’on ne craindra (a priori) pas les restrictions d’eau liées à la sécheresse. Les arbres y trouveront également un peu de répit après ces dernières années. Et la vie en générale est également plus agréable à 20°C qu’à 40°C, à titre personnel je préfère dormir avec la couette qu’avec la clim (que je n’ai pas de toutes façons).

Au potager, quels sont les problèmes ?

Mais un temps trop humide trop longtemps n’est pas sans poser quelques difficultés à vos plantations. Voici une petite liste avec quelques conseils qu’on peut essayer de mettre en place si possible pour limiter les dégâts.

  • Le développement des maladies cryptogamiques : C’est sûrement le problème auquel on pense en premier, avec des noms angoissants comme le mildiou, la tavelure, la rouille ou l’oïdium. Concrètement, il s’agit d’attaque de champignons sur vos plantes, qui profitent d’un climat idéal à leur développement. De très nombreuses plantes sont touchées, aussi bien les légumes que les arbres ou encore les graminées. Pour traiter, il est possible d’utiliser des purins d’ortie ou des décoctions de prêle. La bouillie bordelaise est très utilisée par les professionnels sur les arbres, mais personnellement je ne l’utiliserai pas à cause de sa composition en cuivre, mais c’est à vous de voir… Vous pouvez également couper les feuilles les plus basses de vos plants de tomates, afin que le feuillage ne soit pas en contact avec votre paillage humide, et ainsi limiter la progression des champignons sur vos plants.
  • L’absence de pollinisateurs : Si vous observez votre potager par temps de pluie, vous pourrez vous apercevoir de l’absence d’insectes. En effet, pas facile pour une abeille, un papillon ou une guêpe de voler quand il pleut à torrent ! En découle une faible productivité de certains légumes pour lesquels ces petits auxiliaires sont très utiles. Je l’observe particulièrement sur les courgettes et courges. Une solution peut être de prendre le relai et de polliniser à la main (avec un pinceau, un brin d’herbe ou directement avec la fleur mâle), à condition que l’intérieur des fleurs ne soit pas trop mouillé non plus…
  • Les limaces et escargots reviennent en force ! Ces mollusques sont normalement moins présents en cette période de l’année, mais par temps de pluie ils recommencent à taper dans vos fraises et vos jeunes pousses. On peut leur laisser un ou deux plants « martyrs » (après tout, ce sont nos colocataires, ils ont aussi le droit de manger ce qu’il y a chez eux), et protéger les autres en les entourant d’aiguille de pin, de coquille d’œuf ou d’argile concassé. En cas d’invasion extrême, je pose une petite soucoupe de bière, dans lesquelles les limaces alcooliques viennent se noyer (malheureusement quelques autres insectes aussi, donc à ne pas systématiser). Par contre, n’achetez jamais de granulés anti-limaces : Les limaces seront tuées, mais si vous avez la chance d’avoir un hérisson dans votre jardin, celui-ci risque de s’empoisonner également en les mangeant. Sachant que c’est une espèce en voie de disparition, il faut tout faire pour les préserver !
  • Le sol détrempé : Là c’est compliqué d’agir à posteriori, mais ça vaut le coup d’en parler pour l’année prochaine. Si votre sol est susceptible de se gorger d’eau jusqu’à devenir une véritable éponge recouverte d’eau stagnante, vous devriez songer à créer des buttes de culture. Celles-ci optimiseront le drainage et vous permettront d’être moins sensible aux grosses périodes de pluie lors de vos prochaines saisons au jardin.