Canicule et potager : L’effet sèche-cheveux c’est quoi ?

La France n’a jamais connue d’épisode caniculaire aussi précoce et aussi intense qu’en ce mois de juin 2022. À l’heure où j’écris, certains scenarios vont jusqu’à annoncer du 45° C sur certaines zones du Sud-Ouest pour ce week-end du 18/19. Pour couronner le tout, on parle également d’un probable effet sèche-cheveux. Voici ce que j’ai compris de cet épisode climatique extrême qui va sans doute mettre en difficulté nos cultures.

Le vent qui chauffe et assèche

Ce qu’on appelle « effet sèche-cheveux » est un phénomène plutôt simple à comprendre mais qui prend place dans un contexte assez particulier. Premièrement, il s’agit d’un vent chaud, c’est-à-dire amenant une masse d’air à la température plus élevée que celle déjà en place. Ensuite, cette masse d’air est caractérisée par un taux d’humidité faible. Globalement on pourrait donc le résumé en un vent sec et chaud, ce qui n’est pas si rare selon les régions.

Cependant, tout dépend du contexte. En ce mois de Juin 2022, la France connaît un déficit d’eau depuis plusieurs mois. Les nappes phréatiques n’ont pas pu se recharger normalement et dans certaines régions on est déjà au bord de la sécheresse.
Ajoutez à cela des températures très supérieures aux normales saisonnières depuis plusieurs jours voire semaines, et un point culminant de la vague de chaleur qui va sûrement pulvériser les records absolus (en gros, plus de 40°C prévus sur une moitié de la France).

Si dans cette situation, un vent encore plus sec et chaud vient à souffler, l’effet sèche-cheveux s’annonce dévastateur.
Très important : Le vent n’a pas besoin d’être important. Même à 30km/h (un petit vent assez léger), l’effet sèche-cheveux démarre.

L’effet sèche-cheveux : Pourquoi ça peut faire très mal

Les végétaux sont aujourd’hui déjà soumis à un stress hydrique très important. Les très fortes chaleurs ont déjà déclenché une évapo-transpiration massive. Le vent va accentuer de manière très forte et rapide cette évapo-transpiration : Les feuillages risquent de littéralement sécher sur place (certains diront brûler, pour moi ce n’est pas vraiment le cas puisque c’est bien l’air le problème, avant le soleil). Les plantes les plus exposées au vent seront en première ligne. Cela est particulièrement visible sur les vignes ou les lisières de forêts où clairement les végétaux les plus exposés meurent en protégeant un peu les autres derrière.

Un autre risque, encore plus brutal et violent, est celui des feux de forêts. Rien de pire qu’un vent chaud et sec dans un contexte de végétation déjà asséchées. Mais si ça arrive près de chez vous, oubliez votre potager et mettez-vous en sécurité selon les recommandations des services de sécurité.

Comment lutter contre l’effet sèche-cheveux ?

Premièrement, on peut essayer de structurer les espaces cultivés pour se protéger du vent : Mettre des haies, jouer avec les murs des bâtiments, organiser les plantations pour que les moins sensibles puissent protéger les plus fragiles. Mais c’est une solution à long terme, qu’il faut mettre en place au minimum avant la saison voire sur plusieurs années.

À plus cout terme, pendant l’épisode, deux idées me viennent en tête :

  • Protéger les plans du soleil pour limiter l’augmentation de température due au soleil (canisses, voiles, ombre portée de parasols ou autres)
  • S’inspirer des producteurs Australiens qui ont le phénomène chaque année : Ils mettent en place du goutte-à-goutte systématique qui coule pendant la journée pour compenser l’évaporation des végétaux. Personnellement, je pense que c’est une aberration de le faire en Australie pendant des semaines, en vidant l’aquifère qui date de milliers d’années. Mais le faire en France de manière exceptionnelle pendant 2 jours, avant de trouver une solution plus pérenne pour les années à venir me semble plus raisonnable. A la place du goutte-à-goutte, on peut arroser un peu 3-4 fois par jour au pied des plantes, sous le paillage. En espérant que la situation ne s’éternise pas…

Et pour les animaux ?

L’effet sèche-cheveux ne déshydrate pas que les plantes, les animaux en souffrent aussi. Vous pouvez les aider un peu à passer cette étape en mettant de petits volumes d’eau accessibles pour qu’ils puissent boire (insectes, hérissons, oiseaux, etc). Par contre, par pitié, videz vos bols et coupelles chaque jour, sinon vous ferez un véritable élevage de moustique chez vous !